À propos de Sabine

Qui suis-je ?

Je suis Sabine. Un modèle 67. ”Six-Seven”

Pas boomer, ouf, à deux ans près. Si j’en crois celles et ceux qui ont inventé le grand choc des générations, moi, selon eux, j’appartiens à la génération X.

X

X comme l’inconnue en mathématiques.
X comme ce que l’on cherche sans jamais vraiment savoir ce que l’on cherche.
X comme anonyme.
X comme n’importe qui.
X comme tout le monde.
X comme personne.

X, c’est tout.
X, c’est rien.

X, c’est aussi cette lettre que l’on utilise dans les démonstrations mathématiques, les équations, les exemples. Une lettre pratique. Une lettre interchangeable. Une lettre dont l’importance compte moins que la théorie que l’on veut démontrer avec elle.

Le sens serait donc plus important que l’élément qui le compose ?

Charmant.

X comme la génération que l’on peut aussi CTRL+X pour couper.

Et enfin, X comme “classé X”, parce qu’il faut toujours qu’un truc un peu sexuel  vienne se coller aux mots.

Bref, génération X.

Mais pas née sous X.

Avoir vécu, mais pas toute sa vie

Je vais donc avoir 60 ans.

Mon enfance est à cinquante années derrière moi. Mon adolescence à quarante-cinq. Ma puberté est terminée depuis longtemps — enfin, officiellement.

Il paraît que ma génération a cette particularité d’une absurdité assez confortable : un corps qui approche les soixante ans, mais un mental resté coincé quelque part autour de dix-sept ans.

J’avoue, ça m’arrange.

Physiquement, j’entre dans l’âge mûr. L’ultime étape avant l’âge de la “pourriture”. Voilà. C’est dit. On ne va pas se mentir entre nous.

J’ai donc déjà eu une enfance, une adolescence, une vie de jeune adulte, une grande vie d’adulte, et me voilà en train d’avancer vers cet âge où l’on commence à regarder derrière soi avec une drôle de sensation : celle d’avoir vécu, oui, mais pas forcément toute sa vie.

Du moins, pas encore.

Même si.

La grande faucheuse sait où j’habite

Même si, récemment, la grande faucheuse est venue signaler brutalement, sans prévenir, son existence. Pas en passant au loin, avec sa vraie faux. Non. En venant m’effleurer le cœur, comme pour me dire que son existence mettra fin à la mienne.

La mort existe donc. Elle m’attend, quelque part.
Visiblement, elle sait où j’habite.
Et je ne maîtrise pas son agenda, apparemment.


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